15 mai 2008
Parce que même à 11 000km...
Pour Francis, mon cher géniteur...
Réponse à la question que tu te poses et qui t'empêche de dormir, je te connais comme si je t'avais fait:
OUI je rentre le 8 août.
Même ici Susie Q résonne dans ma tête..
Je comprends mieux ton intérêt particulier pour l'œnologie, tout est dans les gènes (au passage, l'une des meilleures Bodega du Nord de l'Argentine, belle réussite de la famille)
05 mai 2008
Boludos
Rafa, la proxima vez, NINGUNA EXCUSA ACEPTADA
Une après-midi à Tigre
Peu de texte mais des images. La vie ici se passe toujours aussi bien, la semaine est rythmée par le stage totalement inintéressant mais les week-ends sont là pour que la semaine soit plus facile. Nous commençons à bien connaître les bars de Palermo, le Mc Donald à 7heures du matin ou les facturas (viennoiseries) à la même heure. JE KIFFE CETTE VILLE.
Nous nous sommes enfin décidés à ne plus faire les loques le dimanche pour aller visiter les alentours. Nous sommes donc parties avec Audrey, Axelle, Sergio et Mauro à Tigre, un delta au nord de Buenos Aires bien connu pour ses clubs de rame, ses maisons à Pilotis, son Puerto de Frutos (marché d'artisanat)....
Maison typiquement du Delta à Tigre

Les protagonistes: Audrey, Sergio, Axelle et Mauro
Asado, Vacio et autres viandes argentines. Oui la viande argentine est la meilleure du monde, je confirme.


Le Puerto de Frutos (et pas frutas)
Il y a des choses que je ne comprends pas très bien dans la cuisine argentine...
POmmes, poires et figues d'amour
Et au passage, je suis redevenue presque blonde;) Anne-Laure is back
21 avril 2008
Sur les bords du Rio de la Plata
Après une semaine de boulot assez harassante, combinée avec une toux persistante due à la fumée dans la ville. Dans le delta du Parana, bien au nord de Buenos Aires, on brule les terres pour qu'elles soient plus fertiles, seulement ca brûle tellement bien que les hélicos n'arrivent plus à éteindre les feux qui continuent à se propager. Le vent du nord ramène la fumée jusqu'à Buenos Aires a une centaine de KM de là, ce qui donne à la ville un aspect assez apocalyptique. Hier donc, plus de métro, certaines routes sont coupées, les habitations sont complètement enfumées, l'air est irrespirable et l'aéroport pour les lignes intérieures fermé.
J'ai bougé ensuite mon body sur la salsa et la cumbia (genre musical typiquement latino-américain)jusqu'à l'aube. Qui aurait cru, que moi Anne Rock (jejeje Sonia) allait pouvoir autant m'éclater sur ce genre de musique qui n'est absolument pas le mien. Il faut dire que nous avions de très bons professeurs. Nous avons rendu un hommage à Sonia Travolta qui se déhanchait sur ces même rythmes endiablés avec Vermi dans ce même quartier de Palermo il y a quelques mois;).
Nous avons programmé une visite à Tigre (au nord de BA) et en Uruguay pour les semaines à venir.
J'ai aussi été faire un petit tour au Centre Basque de BA, histoire de ne pas oublier ses racines et de voir un petit bout de chez soi à 11 000km.
Je suis toujours autant étonnée de la gentillesse des gens, de leur accueil, de leur curiosité envers nous européens et surtout de leur simplicité.
L'Avenida de Julio enfumée
Petite promenade sur les rives du Rio de la Plata avec Bilou
Facturas: viennoiseries en général à la crème patissière, confiture de lait..je sens que cela va devenir le rituel de fin de boite le dimanche matin;)
16 avril 2008
Les fous du volant
Il faut savoir que je risque ma vie tous les jours pour aller bosser. Oui, nous sommes bien au pays de Fangio, il suffit de monter dans un bus ou un taxi pour s'en rendre compte.
Petit manuel pour prendre le bus à Buenos Aires:
1. Acheter la Guia T. Ici, pas de compagnie de bus "nationale ou municipale", les argentins ayant compris que pour éviter les grèves à répétition, il fallait PRIVATISER. Il existe environ 800 lignes de bus appartenant presque toutes à des compagnies de bus différentes, certains étant en moyen, voire en très mauvais état. Les bus sont colorés, bruyants et surtout vieux, très vieux. Je tiens à souligner que les amortisseurs sont évidemment inexistants (ahahah). Je disais donc que la première étape est de savoir quel bus prendre et surtout quel "ramal". Oui, car pour chaque ligne de bus, il existe un parcours différents. On appelle la compagnie de bus pour savoir à quel arrêt on doit s'arrêter (inutile de demander au chauffeur, il sera trop occupé à slalomer entre les voitures: LA DEBROUILLE
Après avoir bien potassé, on passe à l'étape 2.
2. Avoir de la monnaie. Il y a un gros problème en Argentine, les pièces de monnaie. Il est impossible d'en avoir dans le porte-monnaie. On se retrouve toujours avec une liasse de billets de 2 pesos (50 cts d'euro environ)mais jamais de petite monnaie. Cela est bien pratique quand on peut prendre le bus, qui n'accepte que les pièces. On fait donc un petit tour au Kiosco pour acheter un alfajor pour la route, le chemin est long. Quand on est sur d'avoir ses 2pesos50, on passe à l'étape suivante.
3. Etre patient. Notre âme d'européen stressé est souvent mise à mal en Argentine. par exemple, pour mon deuxième jour de travail ce matin, je me pose à mon arrêt de bus et attends..attends..3/4 d'heure que le bus n°60 ramal 4 arrive. Je suis donc arrivée avec une demi heure de retard pour mon 2ème jour. Bref, la rapidité et des yeux de lynx sont indispensables pour prendre le bus. On sort donc ses lunettes de myope et on se tient prêt. Quand on voit au loin du bus s'approcher, on se mets bien au milieu de la route(un bus en cache souvent un autre),on fronce les sourcils et fais un grand signe au bus de s'arrêter. Celui ci mets dont un bon coup de frein, ouvre les portes 200M avant de s'arrêter, et à vous de sauter dans le bus (presque en marche) avant que les portes ne se referment. Cela requiert un entrainement assez important. on annonce l'arrêt au chauffeur et on introduit sa petite monnaie dans les machines datant de Mathusalem. Inutile de demander au chauffeur là ou vous devez vous arrêtez, celui-ci ne comprendra pas votre espagnol et ne vous écoutera qu'à moitié. A vous alors de trouver une gentille mamie qui vous aiguillera et vous indiquera le moment de sortir.
4. Prier.L'avant dernière étape du périple. Quand on est à Buenos Aires dans un transport en commun, il faut prier, déjà pour que le chauffeur n'écoute pas la dernière compilation des meilleurs hits de Cumbia (ou salsa de 1982), puis pour arriver entier du point A au point B. En effet, les bus n'hésitent pas à: conduire très vite, couper la route sans regarder dans le rétroviseur (sport national), et à faire des appels de phares pour que les voitures se poussent et laissent aller à fond ces bolides urbains bruyants et rouillés et à freiner au dernier moment.
5. L'arrivée. L'ultime étape. Il faut donc se préparer et donc avoir demandé à une âme charitable de nous indiquer l'arrêt pour descendre au km31 (pratique quand les arrêts n'ont pas de nom). On se lève bien à l'avance, le bus ouvre les portes, commence à freiner ensuite, à vous ensuite de sauter en marche sur la route (vous ne croyiez quand même pas qu'il allait vous laisser sur le trottoir!)
Vous êtes donc prêts à prendre le bus à Buenos Aires.
Jusqu'à ce week-end, je passais mon temps à comparer la vie ici et en France. A essayer de comparer ce qui ne pouvait pas être comparable, les modes de vie, les gens, les infrastructures...
Je me suis rendue compte que tout cela était complètement ridicule et inutile. Ma vie en France est évidemment différente de celle d'ici et rien n'est comparable. J'apprécie d'autant plus chaque moment depuis que j'ai accepté la différence culturelle et que je me fonds dans la masse argentine. Je vis désormais les choses comme elles s'offrent à moi ne cherchant plus la comparaison, puisqu'elle est impossible. J'accepte donc ce pays avec ses qualités et ses défauts. Je me sens comme un poisson dans l'eau
el fin de
Un week-end chargé s'annonçait: l'événement majeur: retrouvailles avec notre ami El Majido tout bronzé arrivant direct de Miami Beach.
Avec Dreych et Bilou on a décidé d'arpenter les rues du quartier pittoresque de San Telmo, l'un des plus vieux de Buenos Aires. A ce qu'il parait les premiers européens s'y seraient installés. Le quartier est connu pour ses rues pavées, ses maisons qui ont su garder une trace du passé (ce qui contraste avec le côté moderne de la ville en général), et son petit marché place Dorrego, où pour quelques pesos on fait l'acquisition d'objets d'une autre époque ou de fripes vintage. Ce quartier à quand même l'air d'attirer une classe de la population assez branchée (magasins de vêtements branchés et chers), désireux d'un peu de calme dans l'agitation citadine.


Et à quelques cuadras de là...la tumultueuse et bruyante Avenida 9 de Julio, symbole de Buenos Aires:
Avec ses 140 mètres de largeur, c'est une des plus larges de la
planète. Elle porte ce nom en l'honneur du Jour de l'indépendance
argentine, qui se fit le 9 juillet 1816.
Petit tour gastronomique
Alors oui, je connaissais Havanna, les empanadas, les alfajores, j'avais longuement cherché des renseignements sur ces nom étranges en me léchant les babines, mais afin d'éviter les dégâts dès le début (gordita, gordita), j'ai quand même attendu quelques jours avant de céder à la tentation.
Un petit tour de quelques merveilles argentines...
Caffé deleite de chez Havanna. Havanna est en quelques sortes le Starbucks argentin. On en trouve un peu partout dans la ville et ils proposent une carte de cafés et autres douceurs assez incroyable, le tout, por supuesto accompagné de dulce de leche (confiture de lait)
Mon petit plaisir donc, un expresso et du dulce de leche, à en devenir DINGUE.

Le 2ème fléau pour ma ligne: les empanadas, fourrées au fromage, oignon, jambon...tous les midi je mène un combat entre moi et moi, entre ma gourmandise et ma raison. Devinez qui gagne à chaque fois
Ce que je tiens dans mes petites mains s'appelle un Alfajor. Alors vous me direz que ça n'a pas l'ai appétissant. Que neni, l'une des 7 Merveilles du Monde, une sorte de biscuit avec au milieu, allez devinez...du dulce de leche bien sur!!
On peut aussi note sur la gauche un bouchon de bouteille. J'ai donc pu goûter le vin argentin. Rien ne vaut un bon petit Jurançon...
11 avril 2008
Buenos Aires c'est la capitale, avec ses gens pressés, ceux qui te poussent sans s'excuser, ceux qui courent dans le métro ou le train, les commerçants qui disent pas bonjour et ceux qui t'envoient chier alors que tu leur demande un renseignement car tu t'es complètement paumée, c'est aussi les chauffeurs de bus qui te laissent 3arrêts plus loin et qui s'en foutent, tu te retrouves alors dans une zone industrielle peu fréquentable au milieu de camions qui te klaxonnent 50fois.
Buenos Aires c'est aussi les gens qui font la queue pour monter dans le train quand en France on pousse et écrase sans laisser les gens sortir.
Petite anecdote:Hier, mon estomac crie famine. On s'arrête donc avec Audrey dans une espèce de Pizzeria qui fait aussi des empanadas (chaussons fourrés à la viande, oignon, fromage ou jambon). Excellente
Bref, la discussion s'engage avec les propriétaires, qui s'avèrent être en fait des brésilien...c'est alors qu'on commence a parler en portoñol (mélange portugais espagnol)..une conversation vraiment sympathique et chaleureuse...
La rocade-autoroute juste a côté de mon entreprise
Chau, Chau
Me voilà enfin arrivée et installée à Buenos Aires.
Quand j'ai vu mon nom sur une affiche en bas de l'escalator à l'aéroport de Buenos Aires, je savais que quelque chose allait clocher. En effet, la pression est montée d'un coup quand je me suis rendue compte que tout le monde avait récupéré ses valises...sauf moi. Bienvenue à Buenos Aires. L'hôtesse n'avait pas l'air du tout surprise et ose même me dire que cela arrive souvent.
Premier choc culturel: la conduite. Pas de ceinture à l'arrière de mon taxi et des voitures sur une autoroute 4 voies. Mon chauffeur se balade d'une voie à l'autre, sans clignotant ni regarder dans le rétroviseur, doublant une voiture escargot ou se faisant doubler (frôler) par un bolide.
Deuxième choc culturel: la langue. Bien que maitrisant un peu l'espagnol, je me demande parfois si l'Argentin s'apparente vraiment avec la langue de Cervantes. Presque tous les mots de la vie courante sont différents...
Petite anecdote: je pars à la recherche d'un adaptateur de prise. Le vendeur me parle, je ne comprends pas, je fais donc répéter mon interlocuteur qui comprends immédiatement que je suis étrangère et par conséquent hausse considérablement le prix de mon adaptateur que je paie donc une fortune. Mais ça je m'en rends compte évidement en rentrant chez moi. De toute façon sans ouvrir la bouche, je suis trahie. Ma couleur de peau oscillant entre blanc clair et rouge clair et mes yeux bleus trahissent mes origines basco-normandes au milieu de ces hispano-italo-indiens à la peau mate et aux yeux foncés. Je fais donc office de blanche exception en cette fin d'été argentine.
Et puis Buenos Aires c'est aussi le bordel, ce bordel que l'on retrouve dans les villes du sud, ce bazar organisé, ou tout va dans tous les sens. Les gens ne paraissent pas pressés du tout, ils attendent, font la queue, discutent, vivent dehors. Il règne une ambiance espagnole, italienne, ça parle fort, l'accent est chantant, de grandes avenues bruyantes, les klaxons, les scooters, les bus rafistolés et colorés...
Une chose est sure, ma rigidité habituelle est mise à mal. J'apprends peu à peu à ne pas me stresser si le train est arrêté 10 minutes sans raison, si il y a la queue au guichet...des petites choses pour lesquelles il faut apprendre à relativiser.
Il y a aussi la misère qui est bien visible cette fois. La pauvreté et la richesse vivent ensemble mais ne se rencontrent jamais. Une vie en parallèle. Les beaux immeubles jouxtent des maisons de taule. Les magasins approvisionnent les charriots des cartoneros, d'autres récupèrent le plastique des poubelles des plus belles avenues.
Il est étonnant pour un européen de voir le poids de l'informel en Argentine et en Amérique Latine en général. Ici tout s'achète et se revends, du classeur dans le métro, à la bouteille d'eau dans la rue, en passant par le cirage de chaussures, au paquet de biscuits, le ticket de métro, certains se proposent même de changer vos euros.
Je pars demain à l'aventure: trouver le bus qui empruntera le bon chemin et qui m'emmènera jusqu'a mon lieu de stage. 800 bus appartenant à des compagnies différentes et privées (merci la privatisation) empruntant des trajectoires improbables...
Quelques photos....
mi Cuarto...dans une maison charmante
La Casa Rosada, Centre de l'exécutif argentin, sur la Plaza de Mayo (chaleur écrasante et humide)
Le bazar, les gens traversant sans aucune sécurité le passage à niveau du train.
Ma maison, ma chambre donnant sur le jardin
Les grandes avenues autoroutes
Les pigeons de la Plaza de Mayo, juste en face de la Casa Rosada
Blanchette portant l'obélisque
Trac sur le sol de la Plaza de Mayo "La place est celle des mères, pas des traitres"
Pour en savoir plus: http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A8res_de_la_Place_de_mai
31 mars 2008
Last but not least
Les jours avant le départ me sont désormais comptés. La valise commence à se remplir petit à petit et on songe à ne rien oublier.
On se dit aussi au revoir, on mets sa vie en France entre parenthèses pendant quelques mois, en espérant secrètement que rien n'ait changé au retour.
Laisser et retrouver les choses telles qu'elles.
Appuyer sur pause.
Gaetan, ma bannière?! <3

