16 avril 2009
Impressions
Cela fait déjà presque une semaine que je suis arrivée et je me perds encore dans mon quartier. Cependant j'ai déjà repris mes réflexes argentins, ceux que j'avais perdu il y a quelques mois, comme si en réalité je n'étais jamais vraiment partie, comme si le trépidant de la ville m'avait déjà engloutie toute crue.
Après mon entretien pour donner des cours de français dans un institut, je décide de faire un détour par le jardin botanique. Je n'y avais jamais mis les pieds, je l'avoue,surtout par fainéantise... je me suis délectée de cette mini forêt tropicale au coeur de la ville. Une vraie poche d'oxygène dans le bruit étourdissant parfois de la circulation, une forêt semi-tropicale où les seuls maîtres sont les chats se délectant au soleil. On s'assieds quelques minutes devant la grande verrerie et on se projecte immédiatement dans le Buenos Aires triomphant des années fastes au début du siècle, le temps où l'Argentine comptait parmi les grands de ce monde. Buenos Aires n'a en effet pas perdu de sa splendeur d'antant et à chaque coin de rue subsistent des traces de cette époque perdue grâce à une facade d'immeuble vieillie, à un porche décrépi ou à une verrerie abandonnée, encore protégés, on ne sait comment de la pollution visuelle et des gratte-ciels qui ont envahi la ville.
C'est le Buenos Aires que j'aime. Cette dualité qui existe dans la ville et dans la société argentine, cette ville trépidante , à la fois moderne et ancrée dans le passé, figée dans un passé fastueux donc elle porte encore les marques. Ce Buenos Aires orgueuilleux et fier, presque autant que les argentins eux-mêmes. Cette même dualité, moins glorieuse, se retrouve dans la société, entre les nantis et les exclus, les riches et les pauvres. On oublie vite la pauvreté qui fait mal à voir, celle de ces enfants faisant la manche dans le métro, et malheureusement on s'y habitue trop facilement, pensant que c'est la fatalité et l'oubliant parfois, ou l'ignorant involontairement.
Je ne sais pas si je me lasserai un jour de marcher dans cette ville, si je me fatiguerai de courir sans arrêt. La vie ici est loin d'être idilique, surtout quand je vois que le mois prochain, le gaz augmentera de 30%, que je vais devoir encore faire la queue 2heures pour retirer de l'argent à la banque, que je vais devoir revenir 10fois au service des migrations pour faire mes papiers, où quand je vois la violence à la télévision où le manque de savoir-vivre de certains. Mais je crois que c'est le prix que je suis prête à payer pour vivre mon rêve, et pour vivre dans une société où certaines valeurs n'ont pas disparu comme chez nous en Europe, où heureusement le matérialisme et le consummérisme à outrance n'ont pas corrompu toute la société. Je ne supportais plus le "m'as-tu vu"français, la mauvais humeur constante, les plaintes continues, cette société tournée vers son nombril et ses propres psychoses .
Il suffit juste d'ouvrir les yeux pour voir ce qui se passe ailleurs...
Commentaires
ma fille tu as raison,va vers l'essentiel,les choses simples t'apporterons beaucoup.Voici ses quelques mots qui ne sont pas de moi:VA VIE et DEVIENS
Ma Basque... en lisant ton post je suis comme en cours quand tu te mets à parler en espagnol... ça me laisse rêveuse!!! Tu as l'art et la manière de faire ressentir ce que tu vis! J'ai hâte de lire le prochain et surtout de voir et revoir que tu es une PASSIONEE!!
A bientôt!!
Plein de beijinhos paulistas....
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